Jeune scène musicale flamande: half Gand, half Anvers

Par Sabine Beaucamp

On ne compte plus les talents venus du Nord. Ils sont jeunes, déballent leur verve textuelle, font vibrer les cordes, les riffs de guitare, usent d’artifices électro pop rock comme des  nouvelles technologies et s’abandonnent passionnément à leurs publics. Et pourtant ils ne sont pas tous aussi connus qu’on pourrait le croire en terre francophone.

 

[Article initialement publié dans le N°29 de AGIR PAR LA CULTURE - Printemps 2012]

 

DE GAND...

 

Une des découvertes musicales de l’année 2011 est sans conteste The Bony king of nowhere. Derrière ce nom — tiré d’un morceau de Radiohead — se cache  Bram Vanparys, un jeune gantois de 22 ans. Il est l’auteur d'un excellent premier album, « Alas My Love » pourtant passé inaperçu au sud du pays. Son deuxième album, « Eleonore », laisse la place à des mélodies pop-folk comparables à celles de Jeff Buckley. Sa musique dépouillée, pure, cristalline porte l’émotion à son sommet. Bouli Lanners ne s'est d’ailleurs pas trompé en lui confiant labande originale de son film « Les Géants ». C’est probablement grâce à lui que Bram Vanparys est désormais connu et apprécié du grand public francophone.

 

 

 

Autre talent gantois, Soulwax, groupe formé en 1996 par Dave et Stephen Dewaele et Noah Dodson. Entre la vague rock belge flamande du moment et musiques électroniques, les morceaux se fondent dans un univers musical très DJ. Forcément, ils le sont. On se rappelle de leur double CD de mash-up sous le nom de 2manyDJ's. Ils en font aujourd'hui leur mode de communication avec le public en mettant en ligne leur propre radio, également disponible via une application pour iPhone et iPad. Le tout est disponible gratuitement, seule conséquence directe pour les frères Dewaele : ne pas espérer de rentrées financières de leur radio. Aujourd’hui, ils concrétisent le projet de permettre aux gens d’écouter de la musique en tous lieux, tout le temps, avec le streaming, les portables. Leur société est basée en Angleterre, la licence de diffusion à laquelle ils ont souscrit permet aux gens de télécharger les shows. En ce qui concerne les images, il s’agit d’une licence « general entertainment broadcast ». Un beau projet.

 

 

 

  

 

... À ANVERS

On quitte Gand, pour la scène anversoise, avec Daau, acronyme de Die Anarchistische Abendunterhaltung !
C’est un quatuor proposant depuis 1992, une musique instrumentale, expérimentale, électroacoustique, colorée de cuivres, violons, violoncelles, clarinettes  et accordéons. Le nom du groupe est une référence au  roman d’Hermann Hesse « Le loup des steppes ». Cet ensemble singulier frappe les esprits de par la multiplicité des genres et des influences. Très classique au premier abord, DAAU  navigue dans un univers unique qui laisse souffler un vent de liberté.

 

  

 

Et passons maintenant en banlieue anversoise, plus exactement à Berchem,  avec Daan. Daan Stuyven  a commencé sa carrière au sein des Dead Man Ray, groupe culte de rock new-wave, influencé par  Pavement, Wire, The Fall ou Captain Beefheart où officiait également Rudy Trouvé (ex-membre de Deus). Daan Stuyven  peut très bien être derrière son piano et nous la faire à la Johnny Cash ou bien vous emporter dans un instrumental à la Neil Young époque Crazy Horse et du rock à l'électro. Les textes sont généralement en anglais, parfois en français ou en néerlandais.

 

  

 

Enfin, terminons notre tournée musicale en compagnie de Milow. Jonathan Vandenbroeck, né dans la banlieue anversoise, est l'artiste belge le plus prometteur de sa génération. Le ciment musical a sûrement pris dès 1996 lorsque Milow, absolument fan et subjugué par le talent de Nirvana, se met à jouer de la guitare. Dix ans plus tard, Milow sort son premier album intitulé « The Bigger Picture ». Auteur-compositeur-interprète, c’est en 2007 qu’il fait connaître son travail grâce au titre « You don't know » qui se classe dans le Top 5 des meilleures ventes belges. C’est d’ailleurs la même année qu’il participera au festival Werchter en remplacement du légendaire Mika. Sorti en 2011, l’album « North and South » vaut le détour.

  

 

Photo : CC BY 2.0 par Arthwollipot

 

 

 

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