POURQUOI LA CULTURE DU RÉSULTAT MOBILISE LES MÉDIAS

Par Marc Sinnaeve

« Ce que nous coûtent le Parlement fédéral et ses élus », titrait Le Vif/L’Express, le 15 février dernier. L’hébétude médiatique pour le comptable comme mesure de tout participe de l’approche gestionnaire et utilitariste de la « société globale de l’information ». Ceints de leur nouvelle armure technologique, les médias sont en première ligne d’une « mobilisation générale », selon le mot d’Isabelle Stengers. Mais les journalistes estafettes le savent-ils ?

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Le paradigme médiatique du tsunami


Par Marc Sinnaeve

L’information, à l’âge du journalisme événementiel, dissocie plus qu’elle ne lie. Elle ignore, plus qu’elle ne met en exergue, les rapports sociaux, les interactions, les analogies, les croisements, bref, les processus liants qui permettent de saisir le réel dans sa complexité… réelle. S’il en est ainsi, c’est, notamment, parce qu’on ne traite plus les choses, dans l’information d’actualité, qu’à partir d’un seul point de vue à la fois.

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Ombres du travail et travail de l'ombre à l'écran

Par Marc Sinnaeve

Le monde du travail à la télévision, et dans les médias en général, a ceci de paradoxal qu’il n’apparaît, dans la majorité des cas, qu’absent : il en est question, principalement, en cas d’action de grève importante ou inattendue, lors de l’annonce d’une fermeture d’entreprise ou d’un licenciement massif, à l’occasion de la publication périodique des chiffres du chômage…

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Les mobilisations sociales dans les interstices de l'information

 


Par Marc Sinnaeve

En réaction à la grève générale du 30 janvier 2012 s’est dressé, comme rarement, un discours de questionnement unilatéral et systématique de la légitimité de l’action syndicale. Cette rhétorique a été portée à la fois dans et par les médias d’information. Que nous dit cette contre-mobilisation médiatique ? Comment s’exprime-t-elle, en dehors des espaces consacrés du commentaire ou de l’éditorial, dans les formes et les techniques du journalisme qui, loin d’être neutres, imposent leurs manières de lire le réel ? Et, plus largement, comment expliquer cette vision commune spontanée de la part d’observateurs prétendus impartiaux qui s’érigent de fait en juges d’exception ?

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Ignacio Ramonet et la théorie de l'évolution des espèces médiatiques

Par Marc Sinnaeve

Tant dans L’explosion du journalisme, son dernier ouvrage, qu’à la tribune de l’Université de Mons-Hainaut où il s’exprimait début novembre 2011 à l’invitation de Télé Mons-Borinage, le diagnostic d’un monde médiatique « tchernobylisé » que pose l’ancien directeur du mensuel Le Monde diplomatique est sans appel. Alors, Ignacio Ramonet convoque la théorie de l’évolution pour rassurer : le journalisme, lui, existera toujours. Dans de nouveaux habits et à travers des pratiques régénérescentes. Wikileaks a montré la voie.

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Le manège enchanté des «révolutions 2.0»

Par Marc Sinnaeve

Il faut se méfier des généralisations abusives. On a eu tôt fait de qualifier de « révolutions 2.0 » ou « révolutions Facebook », « révolution Twitter »… les soulèvements de populations du printemps arabe contre les régimes en place à Tunis, au Caire, à Sanaa – et avant eux le mouvement de mobilisation autour des élections présidentielles iraniennes de 2009. Symptôme de l’enfermement symbolique des médias dans une bulle coupée des aspérités du réel ? Ou produit de la mythologie de la « société globale de l’information » ? 

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