Boabdil, Lorca, Marinaleda : enseignements andalous

 

Par Jean Cornil

Grenade. La cité andalouse, au pied des monts enneigés de la Sierra Nevada, diffuse depuis des siècles, une âme, une beauté, un esprit, une finesse, un raffinement exceptionnels. La ville, par son passé et son présent, symbolise aussi les graves questions culturelles et politiques, tragiques ou heureuses, au travers des siècles. Elle apparait comme un condensé, un chaudron, une cristallisation de toutes les espérances et de toutes les crispations du temps.

 

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La Grande Guerre et la Littérature

 

Par Michel Gheude

En 1869, Tolstoï termine Guerre et Paix, le grand roman de 1812. Mille six cents pages sur la campagne napoléonienne en Russie. À la lecture des scènes de bataille, de nombreux lecteurs pensent encore que Tolstoï romançait son expérience personnelle de la guerre. En réalité, il était né en 28, plus de quinze ans après la défaite russe de Borodino. C’est sans doute le plus grand roman de guerre du XIXe siècle.

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CULTURES D’INTERSTICES : RESSORTS POLITIQUES

 

Par David Jamar, anthropologue urbain

Depuis le milieu des années 90, se développe, à Bruxelles, une série d’actions culturelles ou artistiques formant un ensemble qui s’articule à un discours d’ordre politique sur la ville. Nous allons ici présenter quelques éléments permettant de comprendre le mode de structuration en milieu de ces actions ainsi que les menaces auxquelles elles font face.

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Benoît Moritz : L’EUROPE UN PEU TROP SUR LA DÉFENSIVE…

Propos recueillis pas Aurélien Berthier

Architecte, professeur à l’ULB, Benoit Moritz organise aussi des tours dans le quartier européen qu’il connaît très bien, pour montrer les aberrations et les espoirs d’un quartier qui, loin de refléter les rêves de démocraties d’un continent, se donne à voir comme un espace à défendre, une zone à sécuriser où rien n’est pensé pour accueillir le citoyen que ces institutions sont pourtant censées représenter.

 

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LE RETOUR DES SOMNAMBULES ?

Par Jean Cornil

Les commémorations de la Première Guerre Mondiale ont commencé dans le recueillement, le souvenir, la dignité, la nation réconciliée pour un temps dans la mémoire de cette boucherie universelle. Chacun a étudié, en principe, cet impitoyable engrenage qui commence en 1903 par un sanguinaire coup d’État en Serbie pour aboutir à l’assassinat à Sarajevo par un nationaliste, Gravilo Princip, de l’archiduc héritier du trône d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand. Puis qui, par une mécanique infernale de jeux d’alliance entre les puissances européennes, conduit droit à la guerre dès les premiers jours d’août 1914. Malgré les tentatives de stopper la marche vers le gouffre, celui qui essaiera de faire barrage à l’horreur sera assassiné le 31 juillet 1914. Jean Jaurès tombe sous les balles de Raoul Vilain à Paris au café du Croissant. Première victime de la guerre.

 

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What Else? Un autre chemin

Par Jean Cornil

Le grand naturaliste Théodore Monod écrivait que « la civilisation se construit non sur des complicités faciles, des démissions, des esclavages mais sur des refus, des ruptures, des dépassements ». Et c’est bien l’enjeu historique cardinal de notre modernité : comment orienter le basculement du monde en cours vers de la solidarité, du partage et du plaisir plutôt que de barboter en claquant des dents dans « les eaux glacées du calcul égoïste » selon la célèbre formule de Karl Marx ?

 

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Sophie Heine : Individualisme et gauche, compatibles ?

Propos recueillis par Jean Cornil

Sophie Heine est docteure en sciences politiques. Elle a notamment publié « Oser penser à gauche » et tout récemment « Pour un individualisme de gauche ». Elle y défend la thèse originale du recours aux valeurs individuelles pour refonder l’engagement collectif de la gauche.

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« TINTIN AU CONGO » SOUS L’ANGLE DU POSTCOLONIALISME

Par Antoine Tshitungu Kongolo

« Tintin au Congo » d’Hergé a défrayé la chronique en 2007 pour avoir été mis à l’index par une organisation britannique en raison prétendument de son racisme avéré. Dans la foulée, des voix se sont élevées, non sans opportunisme, pour réclamer l’interdiction d’imprimer et de diffuser cet album. En Belgique une requête fut déposée auprès des autorités judiciaires dans ce sens. Ce procès et ses péripéties se sont déroulés sur la toile de fond d’un pays, la Belgique, réticent à se reconnaître comme postcolonial, c’est-à-dire à s’assumer en tant qu’héritier d’une domination coloniale dont l’impact sur la scène de l’histoire et les résonances sur la sensibilité de sujets issus de l’ancienne colonie posent question et requièrent des réponses.

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QU’EST-CE QUE LA DIMENSION POSTCOLONIALE ?

       

Par Aurélien Berthier

L’adjectif « postcolonial » est utilisé de plus en plus fréquemment. Il commence à s’immiscer dans le débat public de manière plus ou moins polémique. Il concerne tout autant les traces et séquelles de la colonisation, dans les pays devenus indépendants que des problèmes qui se posent dans les anciennes métropoles coloniales depuis ces indépendances.

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LE POLITIQUE ET LA POLITIQUE

Par  Jean Cornil

Cette chronique intempestive est par nature audacieuse et sereinement provocatrice. Tant les propos convenus, le règne du banal et du prosaïque, la pensée normalisée, les évidences trompeuses et les slogans réducteurs, nourrissent discours et narrations de l’actualité du monde. Ce qui m’importe ici, à la différence des vents médiatiques dominants, ce sont les questions et non les réponses. L’ouverture à l’interrogation et non le programme commun avec prière d’applaudir en congrès.

 

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