Devenir fasciste : ma thérapie de conversion

Mark Fortier

Socio­logue de for­ma­tion, Mark For­tier est jour­na­liste, auteur et édi­teur chez Lux. Dans Deve­nir fas­ciste : ma thé­ra­pie de conver­sion, il se met dans la peau d’un esprit se pliant aux obli­ga­tions de la menace brune. « Je vais deve­nir fas­ciste. Voi­là. C’est dit. » En réa­li­té, For­tier n’incarne pas l’adepte convain­cu par la mon­tée de l’extrême droite ; plu­tôt le fata­liste contraint d’en accep­ter les règles nou­velles. En cela, sa pos­ture poli­tique rejoint non pas celle d’une pré­ten­due frange bar­bare de la socié­té, mais celle d’une masse modé­rée, soi-disant. Celle du silence des pan­toufles, face au bruit des bottes. « C’est par le centre que s’af­faissent les démo­cra­ties », observe d’ailleurs l’auteur, dont l’exercice de la satire, à tra­vers ce point de vue fic­tif, n’en couvre pas moins un pré­sent poli­tique aux maux bien iden­ti­fiés. Par­mi eux, le lan­gage per­ver­ti, détruit, puis mani­pu­lé. Le livre, écrit au moment de la réélec­tion de Trump aux États-Unis, et alors que les for­ma­tions réac­tion­naires mon­taient en puis­sance ailleurs, inter­roge notam­ment le sens du mot « démo­cra­tie », aujourd’hui vidé de sa sub­stance. Car avant le chaos, c’est en semant la confu­sion que le fas­cisme s’installe.

Gen Ueda

Devenir fasciste : ma thérapie de conversion
Mark Fortier
Lux, 2025

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