Invitation au voyage

Drossia Bouras

Dros­sia Bou­ras, artiste peintre belge d’origine grecque, pré­sente ses œuvres récentes expo­si­tion inti­tu­lée « Invi­ta­tion au voyage » à la gale­rie L’Estampille. Elle tra­vaille la lumière, les cou­leurs, le silence pour pou­voir sur­vivre et affron­ter les dif­fi­cul­tés d’un monde chao­tique et en déli­ques­cence et se lâche lors de cette expo­si­tion en par­ta­geant son art de vivre, de peindre, son côté très solaire et social. C’est lors de sa ren­contre avec la gale­riste Gla­dys Pierre Louis, qui tient L’Estampille, une gale­rie d’art asso­cia­tive bruxel­loise, que la connexion artis­tique s’est opé­rée. Gla­dys Pierre Louis tra­vaille en effet dans sa cura­tion le lien et pour­suit le but de rendre vivant les choses en croi­sant les réseaux sociaux, dans une approche de déve­lop­pe­ment durable. La cohé­rence et l’alchimie entre les deux femmes fonc­tionnent à mer­veille. Dros­sia peint en se fai­sant plai­sir, « sans regar­der », sans cher­cher à ne pas dépas­ser, à res­ter inva­ria­ble­ment en dedans du cadre. Elle aime nous révé­ler ses gestes immé­diats, spon­ta­nés, rapides et du pre­mier degré, ses toiles tra­versent le vivant, le réel. Elle tra­vaille le fusain, l’acrylique sur papier. Mais grande nou­veau­té depuis peu, elle peint sur le verre, des sous-verres. Elle pré­sente des toiles tra­vaillées sur vitre, des « fixés » comme on les appelle au Séné­gal. « Ce sont des bouts de vitres que les artistes Séné­ga­lais prennent sur les chan­tiers, ils les uti­lisent parce que c’est moins cher, ils peignent alors des­sus. Ils font des enca­dre­ments abso­lu­ment géniaux avec des boîtes de conserves, de la paille » indique Dros­sia Bou­ras. Cette méthode l’a beau­coup ins­pi­rée. Il faut dire que Dros­sia dans ses œuvres plus récentes, porte des visions sur le monde qui peuvent inter­pel­ler. Elle nous donne à voir une série de por­traits de per­son­nages d’Afrique du Sud ain­si que des pay­sages grecs, bre­tons, son quar­tier schaer­bee­kois et Ostende, des toiles où le temps se sus­pend. Dros­sia nous invite à nous lais­ser hap­per et glis­ser au cœur de ses rêve­ries poé­tiques et ses fugues pic­tu­rales. La gale­rie l’Estampille qui mêle jus­tice sociale et liber­té de pen­ser en invi­tant les artistes à se réin­ven­ter cor­res­pond par­fai­te­ment à ce sché­ma artis­tique. Gla­dys Pierre Louis, la gale­riste écri­vaine se plait à dire que « La vie, c’est une suc­ces­sion de solu­tions à trou­ver ». Mais aus­si qu’elle « uti­lise la gale­rie pour prendre pos­ses­sion de sa vie citoyenne et démo­cra­tique ». Gla­dys, en tant qu’infirmière psy­chia­trique mise sur la coopé­ra­tion au déve­lop­pe­ment et le déve­lop­pe­ment durable comme prin­ci­paux fils rouges des expo­si­tions qu’elle sou­tient. Der­niè­re­ment, Dros­sia a ven­du une de ses grandes toiles aux enchères lors d’une soi­rée de soli­da­ri­té et a dédié le pro­fit à Gaza. Les regards de Gla­dys et de Dros­sia se sont croi­sés en ce mois de jan­vier 2026, et se soldent par une expo­si­tion remar­quable, une artiste affirmée.

Sabine Beaucamp

Invitation au voyage
Exposition de Drossia Bouras
A voir jusqu’au 31 janvier à la galerie L’Estampille
75, rue de Pavie à 1000 Bruxelles
www.estampille.be

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