Les déchets constituent un miroir des rapports de domination et des inégalités qui structurent nos économies mondialisées. Ils révèlent qui produit, qui profite et qui subit. Dans cet ouvrage collectif, Daniel Prieto Sanchez (Politologue et chercheur au Centre d’étude sur l’économie régionale et l’environnement à l’Université fédérale rurale de Rio de Janeiro), nous explique que « c’est un mouvement transfrontalier des déchets du Nord vers les territoires du Sud qui installe des infrastructures d’enfouissement, d’incinération ou de recyclage sans considération pour les communautés locales ni pour les écosystèmes. Cette relation de pouvoir a entraîné l’apparition de ‘’territoires sacrifiés ‘’». Ces tendances conjuguées ont servi de tremplin à un secteur privé en plein essor : celui de la valorisation énergétique des déchets (VED). Au Nord comme au Sud, celle-ci induit concentration des pouvoirs, aggravation des pollutions et résistances sociales. C’est le cas pour l’Inde et le Liban où les militant·es, les travailleurs et travailleuses se heurtent à un pouvoir institutionnel puissant qui favorise son expansion et surtout sa privatisation. En revanche au Danemark et en Slovénie, la VED peut apporter une contribution à la gestion des déchets de manière durable parce qu’elle est assurée et contrôlée par les pouvoirs publics. Dans sa contribution, Larisa de Orbe (Avocate en santé environnementale à l’Institut de santé publique à Mexico) cite le cas du Mexique qui illustre la nécessaire adoption d’une législation faisant passer la santé publique et l’environnement avant les intérêts industriels. De nouvelles lois dans la législation mexicaine imposeront désormais la hiérarchie des déchets, dont les premières étapes seront de réduire la production et l’importation de déchets plastiques toxiques.
Les déchets du monde - Envers du décor
Ouvrage collectif
Alternatives Sud Trimestriel, CETRI / Syllepse, 2025