Ce numéro 54 de la revue anarchiste Réfraction « Les habits neufs du fascisme » explore comment le néofascisme contemporain a su renouveler ses formes qui sont aujourd’hui plus diffuses et souvent moins visibles qu’elles ne l’étaient dans le fascisme « historique ». La revue comporte de nombreux entretiens, dont notamment un avec Alberto Toscano, auteur de Fascisme tardif, mais aussi une imposante bibliographie commentée d’ouvrages sur le sujet, ainsi qu’une liste des mots bannis par l’administration Trump. L’expression « habits neufs » du titre est là pour indiquer que le fascisme change d’apparence pour mieux s’adapter au présent. Ainsi, il ne reprend pas forcément les symboles du passé, il s’intègre dans des cadres démocratiques, avance souvent de manière indirecte et fragmentée. Sa mutation englobe les éléments suivants : les partis sont moins explicitement fascistes mais renferment développent plus de logiques autoritaires, identitaires et sécuritaires ; le racisme reste central mais sous des formes modernisées (discours sur « l’identité », obsession migratoire, hiérarchisation culturelle) ; et d’autre part, ce fascisme se diffuse dans les médias, les discours politiques et les institutions, devenant ainsi une atmosphère idéologique plutôt qu’un régime clairement identifié. La revue insiste donc sur le fait que le danger ne vient pas d’un retour à l’identique, mais bien d’une transformation du fascisme adaptée à notre époque.
Olivier StarquitLes habits neufs du fascisme
Revue Réfractions N° 54, automne 2025
