Le monde politique se polarise à tout-va. Les attaques frontales entre adversaires politiques se multiplient. Les offensives militaires au nom d’un peuple ou d’un autre prolifèrent. Et au milieu de tout ça, le populisme est brandi tant comme une accusation qu’un étendard revendiqué. Associé à l’extrême droite autant qu’à l’extrême gauche, les écueils du concept sont connus depuis longtemps. C’est à s’en départir que s’attèle le professeur en science politique Arthur Boriello dans son ouvrage dans lequel il adopte une position de réflexion critique. En décryptant les raisons des mésusages du terme avant de donner des clés de compréhension au regard des différentes pierres d’achoppement qui l’entourent, l’auteur déconstruit le concept pour le reconstruire de telle manière à éviter qu’il puisse être instrumentalisé intellectuellement, mais aussi politiquement et médiatiquement. Vaste projet que celui de s’emparer d’un mot dont l’usage permet autant de manipuler l’opinion que de menacer ses adversaires pour lui donner un sens politiquement puissant et utile. Un manuel pour sortir des amalgames, une proposition bienvenue par les temps qui courent.
Populisme : Le mal nommé
Arthur Borriello
ULB, 2025